Il y a des moments où on ne contrôle plus grand chose dans sa vie. Cela m'est arrivé très souvent; et avec mon caractère de control freak, on imagine à quel point cela m'était pénible.
Ce sont généralement dans ces moments de pur flou où un australien te dirait "Don't worry" que j'ai un besoin de contrôle pire que maladif. Le sujet sur lequel va porter ce besoin est souvent un objet, une couleur voire tout simplement mon corps et plus particulièrement mes cheveux. Pourquoi ? Allez savoir mais c'est toujours ma tignasse qui a fait les frais.
Ce sont généralement dans ces moments de pur flou où un australien te dirait "Don't worry" que j'ai un besoin de contrôle pire que maladif. Le sujet sur lequel va porter ce besoin est souvent un objet, une couleur voire tout simplement mon corps et plus particulièrement mes cheveux. Pourquoi ? Allez savoir mais c'est toujours ma tignasse qui a fait les frais.
Passant de brune à prune, à rousse, à frangée avec la moitié des cheveux rouge à la Alias, courte comme une garçonne, lissée, décolorée, tressée... Bref je lui fais subir tout ce que je peux afin de calmer cette angoisse du flou. Car cette chevelure, cette arme de séduction féminine paraît-il, est la seule chose que j'arrive à vraiment totalement contrôler. Même mon corps au sens global me trahit.
Certes, je n'ai jamais fait des cheveux licorne, tout bonnement parce que j'ai la flemme mais pour moi ces changements étaient mes "Fuck it" à la face du Karma. Notamment mon side-cut quasi à blanc.
Celui-ci est le plus "hardcore" que j'ai pu faire.
L'idée me trottait dans la tête depuis longtemps mais j'oscillais toujours entre "ah je sais pas", "ah il faut entretenir" et le mythique "mais et on va pas m'emmerder ?". Parce que ce qui m'énerve tout autant que le flou, c'est cette question que l'on te pose :
"Pourquoi tu as fait ça ?!"
Parce que c'est fengshui.
Parce que Dieu m'a dit de le faire et que je suis la réincarnation de Jeanne d'Arc before grillade.
Parce que c'est tendance.
Parce que j'avais envie.
Parce que j'ai perdu un pari.
Parce que je voulais voir ta tronche de morue quand je m’amènerais devant toi.
Parce que.
Mais je l'ai fait ce minuscule side-cut. Cette toute petite part de peau à nue m'a finalement rassurée. Contrairement aux couleurs et autre, je sais cette parcelle est "unique" d'une certaine manière et donc à moi seule. C'est mon implantation capillaire, mes veines, mes tiffs que je rase; crois-le ou non mais cette simple action a un effet calmant presque orgasmique. Peu à peu j'arrive à reprendre le contrôle sur ce que je souhaite et tendre vers l'idéal corporel que je me fixe. Il fait beau de rêver sous les cocotiers.
Alors aujourd'hui, voyant mes cheveux recouvrir ce morceau de victoire, j'ai pris un rasoir cheap et j'ai combattu. Tranquillement, sans affolement. Répétant le geste de haut en bas, faisant glisser la lame sur ces rebelles naturels. Ce sont de longs morceaux qui partent, puis moins, puis la peau.
Râpeuse et libre.
Mon morceau de liberté était de nouveau à nu.
Et cette tuerie m'avait apaisée.
Alors aujourd'hui, voyant mes cheveux recouvrir ce morceau de victoire, j'ai pris un rasoir cheap et j'ai combattu. Tranquillement, sans affolement. Répétant le geste de haut en bas, faisant glisser la lame sur ces rebelles naturels. Ce sont de longs morceaux qui partent, puis moins, puis la peau.
Râpeuse et libre.
Mon morceau de liberté était de nouveau à nu.
Et cette tuerie m'avait apaisée.

